Comment nous avons fait passer e-labo.biz en EcoIndex A ou B

34 pages mesurées, de C et D à A ou B en deux jours : ce qui pesait sur notre site WordPress, ce que nous avons changé, et ce que nous en retenons.

Nous conseillons l’éco-conception à nos clients depuis des années. En octobre 2026, nous avons mesuré notre propre site, page par page. Le résultat était moyen : sur 34 pages, 4 en B, 28 en C et 2 en D. Aucune en A.

Deux jours plus tard, les 34 pages étaient en A ou en B. Voici ce qui pesait, ce que nous avons changé, et ce que nous en retenons pour les sites de nos clients.

L’EcoIndex en deux mots

L’EcoIndex note une page de A à G à partir de trois mesures prises au chargement :

  • le nombre d’éléments de la page (le DOM), qui compte triple ;
  • le nombre de requêtes envoyées au serveur et aux services tiers ;
  • le poids total des fichiers téléchargés.

Le premier critère surprend souvent. Une page peut être légère et mal notée parce qu’elle contient trop d’éléments : chaque bloc, chaque carte et chaque icône en ajoute, même invisible.

Nous avons fait les mesures nous-mêmes, sur les 34 pages publiques du site, avec un navigateur piloté et la méthode de calcul officielle de l’EcoIndex. Aucun service en ligne n’a été interrogé.

Le point de départ

Le site était déjà sobre sur le papier : WordPress sans page builder, un thème développé sur mesure, peu d’extensions. La mesure a montré que ce n’était pas suffisant.

  • La page Contact était en D, avec 3,2 Mo et 102 requêtes. Notre site n’y pesait que 444 Ko. Le reste venait de l’agenda de prise de rendez-vous, chargé dans la page, et surtout de son contrôle anti-robot (Cloudflare Turnstile), qui représentait à lui seul plus de 2 Mo.
  • L’accueil était en C, avec 676 éléments. Il chargeait onze témoignages pour en afficher trois.
  • Les études de cas étaient en C, avec près de 1 Mo : les vignettes étaient servies dans une taille bien plus grande que leur affichage.
  • Deux images n’avaient jamais été optimisées. L’une pesait 1,3 Mo en PNG. La file d’optimisation des images était bloquée depuis des semaines, sans aucune alerte : un filtre de sécurité du serveur rejetait les requêtes de l’extension.
  • Un bandeau de cookies s’affichait sur chaque page, avec ses scripts et près d’une centaine d’éléments.

Ce que nous avons changé

Nous avons commencé par ce qui pesait le plus.

L’agenda ne se charge plus qu’à la demande. La page Contact affiche un texte et un bouton « Afficher l’agenda ». L’agenda arrive au clic, ou directement quand le visiteur vient d’un bouton « Réserver un RDV ». L’encart indique son poids réel : environ 2 Mo et 56 requêtes. Résultat : la page Contact passe de 3,2 Mo à 346 Ko, et de D à B.

La mesure d’audience fonctionne sans cookie. Nous utilisions deux outils de statistiques. Nous n’en gardons qu’un, Matomo, réglé pour ne déposer aucun cookie et ne pas reconnaître un visiteur d’une visite à l’autre. Sans cookie de mesure, le bandeau de consentement n’a plus de raison d’être : il a disparu de toutes les pages, avec ses scripts.

Moins d’éléments par page. L’accueil ne rend plus que les trois témoignages affichés ; les autres attendent dans un modèle que le navigateur ne construit pas. Les mentions « Lire l’étude de cas → » ont quitté les cartes : le titre porte le lien, et toute la carte reste cliquable. L’accueil passe de 676 à 473 éléments.

Des images à la bonne taille. Chaque vignette existe maintenant dans la taille exacte où elle s’affiche, en WebP. Sur la page des études de cas, seules les vignettes de la première rangée se chargent tout de suite. La page passe de 985 Ko à 402 Ko. L’image de 1,3 Mo en pèse désormais 55. Nous avons aussi débloqué la file d’optimisation : toute image ajoutée est de nouveau traitée.

Moins de code envoyé. Le formulaire de contact n’envoie plus sa propre feuille de style : nous l’avons remplacée par quelques lignes dans celle du thème. La feuille principale du thème parent a été épurée de ce que le site n’utilise pas, de 92 à 55 Ko. Les polices ne sont plus fournies que pour l’alphabet latin, et l’en-tête des pages a perdu une dizaine de balises inutiles.

Du ménage côté serveur. Trois extensions et un thème inutilisés supprimés, 22 PDF que plus aucune page ne citait, des sauvegardes d’images en double. Les tâches de fond tournent la nuit, et le cache des pages se reconstruit une fois par jour au lieu d’expirer au fil des heures.

Les résultats

Mesures du 13 octobre (avant) et du 14 octobre 2026 (après), sur les mêmes 34 pages.

AvantAprès
Notes4 B, 28 C, 2 D33 B, 1 A
Note médiane69 / 10077 / 100
Page la plus lourde3,3 Mo412 Ko
Requêtes, au plus10238
Bandeau de cookiessur chaque pageaucun

Note EcoIndex sur 100, avant et après

PageNote avantNote aprèsPoids
Accueil61 C73 B445 → 257 Ko
Contact44 D74 B3,2 Mo → 346 Ko
Études de cas59 C71 B985 → 402 Ko
Page de service72 B80 Bnon relevé

Selon CO2.js, l’outil de calcul de la Green Web Foundation, une vue de page émet en médiane 0,038 g d’équivalent CO2, et 0,061 g au plus.

Ce que nous en retenons

Les services tiers pèsent plus que votre site. Un agenda, une vidéo, une carte, un outil de chat : chacun apporte ses propres scripts, et vous n’en maîtrisez pas le poids. Les charger au clic est souvent le geste le plus rentable.

Le nombre d’éléments compte autant que le poids. C’est le critère que l’EcoIndex pondère le plus. Il se travaille en grande partie dans le thème, d’où l’intérêt d’un thème développé pour le site.

Une note se surveille. Notre file d’images s’était bloquée sans prévenir, et le moindre ajout de contenu peut faire glisser une page vers C. Notre page des études de cas est juste au-dessus du seuil de B. Nous remesurerons les 34 pages chaque trimestre ; la prochaine mesure est prévue en janvier 2027.

Un chiffre d’émissions dépend de sa méthode. La formule de l’EcoIndex, qui compte une part de la fabrication des ordinateurs et des téléphones, donne environ 1,5 g par vue pour les mêmes pages. CO2.js en donne 0,038. Les deux sont justes dans leur cadre. Quand nous citons un chiffre, nous disons comment il a été calculé.

L’EcoIndex ne dit pas tout. Il ne mesure ni l’hébergement, ni la durée de vie du site, ni ce que nous faisons tourner la nuit. Pour couvrir le reste, nous avons évalué le site selon le référentiel général d’écoconception de services numériques (RGESN) : 75 % des critères applicables sont respectés. Notre déclaration d’écoconception détaille la méthode, les critères et ce qu’il nous reste à faire.

Et pour votre site ?

Nous appliquons ces gestes à chaque développement. Si vous voulez savoir où en est le vôtre, notre audit WordPress mesure aussi son poids et ses ressources. Et la page Éco-conception décrit notre démarche.