Comment l’IA a changé notre façon de travailler en 2026

Depuis fin 2025, l’IA a changé notre travail d’associés : la moitié des tickets de support réglés en moins de 11 minutes, la comptabilité en moins d’une heure, et ce que nous avons laissé tomber.

Chez e-labo, nous sommes deux associés. Pierre passe ses journées dans le code et les tickets de nos clients. Sylvain, dans la gestion de l’agence, les appels d’offres et le support. Depuis fin 2025, l’intelligence artificielle a changé notre travail à tous les deux, chacun à sa façon. Depuis la mi-septembre, la moitié des tickets de support chronométrés a pris moins de 11 minutes à Pierre, et Sylvain a vu la comptabilité de l’agence passer d’une journée de travail à moins d’une heure. Nous racontons ici ce qui a marché et ce qu’on a laissé tomber.

Deux déclics, à quelques mois d’écart

Sylvain. Pour moi, le déclic, c’est fin 2025. Depuis, chaque journée est une découverte : j’expérimente, j’optimise, j’automatise. Et tous les jours, je me dis que ça change tout.

Pierre. Moi, je travaillais déjà avec des agents en 2025, dans mon éditeur de code. Un agent, c’est un modèle d’IA à qui l’on confie une tâche entière et qui la mène seul, avec ses outils. Mais quand je voulais qu’un modèle vérifie le travail d’un autre, c’était à moi de tout faire. Changer de modèle, lui redonner le contexte, comparer les réponses, revenir au premier. J’étais le câble entre eux.

Depuis février 2026, c’est l’inverse. Claude, le modèle d’Anthropic, est devenu mon modèle principal : c’est lui qui pilote le travail. Quand il a besoin d’un second avis, il appelle lui-même des modèles d’autres fournisseurs, en arrière-plan, sans que j’aie à intervenir.

Dix agents ouverts, une seule personne qui valide

Pierre. Ma journée commence au petit déjeuner, avec un podcast : ma veille, résumée et lue à voix haute par un agent.

Une fois les enfants à l’école, j’ouvre les tickets de nos clients. Une partie du travail est déjà faite : des agents ont lu la demande, rassemblé l’historique du client, regardé son site. Parfois, la réponse m’attend. Sinon, j’ouvre le projet du client, je colle le lien du ticket et je dicte : « Récupère l’analyse si elle existe, sinon fais-la, et dis-moi ce qu’il faut pour avancer. » L’agent part travailler seul et revient avec un compte rendu.

Je teste ce qui doit l’être. Puis je fais rédiger la réponse, et là, l’agent sait à qui il parle : il reprend le ton que j’emploie avec chaque client. Je relis. Aucune réponse ne part chez un client sans être passée sous mes yeux.

Dans une journée, j’ai souvent une dizaine d’agents ouverts, chacun sur son projet. Je ne tape presque plus : je dicte les demandes, les consignes, les corrections. Le plus dur, c’est de passer de l’un à l’autre et de se remettre chaque contexte en tête. Alors je demande un résumé avant de replonger. J’écris beaucoup moins de code qu’avant : mon rôle, c’est de les tenir.

Côté gestion, des factures qui se rangent seules

Sylvain. Ce que Pierre vit dans le code, je le vis dans la gestion de l’agence. Prenez les factures de nos fournisseurs. Je demande à un agent de les récupérer : il retrouve la pièce jointe dans ma boîte mail, la nomme avec le fournisseur et le montant, la range dans le dossier du bon mois et vérifie qu’elle n’y est pas déjà. Il me reste à contrôler.

Tout le contrôle de gestion et la comptabilité ont suivi : ce qui me prenait une journée de travail me prend moins d’une heure. Les appels d’offres aussi : analyser une consultation et y répondre demandait plusieurs semaines. Il faut maintenant quelques jours, parfois quelques heures.

Le support suit le même chemin. Nous traitions déjà un ticket en quelques heures. Les plus simples se règlent aujourd’hui en quelques minutes.

Personne ne note sa propre copie

Pierre. Pour contrôler le travail des agents, on a affiné un montage semaine après semaine. Une règle ne bouge pas : l’agent qui écrit ne juge pas son propre travail.

Avant la première ligne de code, son plan part chez un autre modèle, chargé de le démolir. Un plan se corrige pour bien moins cher qu’un programme.

Une fois le code écrit, deux relecteurs de deux fournisseurs différents l’attaquent en même temps. On les a testés sur un code où on avait caché des erreurs : ils les ont toutes trouvées, mais chacun a vu en plus des défauts que l’autre avait ratés. Donc on garde les deux.

Un troisième regard vérifie que le code fait exactement ce qui a été demandé. Un dernier vérifie que la note qui accompagne la modification dit vrai.

Les relecteurs lisent, ils ne touchent à rien, et ils ne voient ni mot de passe ni donnée client. C’est moi qui trie leurs critiques. Et il y a les tests : une tâche n’est finie que quand une commande le prouve.

Ce qu’on a appris à refuser

Pierre. Ça ne roule pas tout seul pour autant. Un agent va vite, mais il lui arrive de partir de travers. Il veut coder une chose qui existe déjà dans WordPress, ou contourner une de nos extensions au lieu de s’en servir. Je connais nos produits, je connais WordPress : je l’arrête et je le recadre.

Plus je travaille avec les agents, plus je deviens exigeant sur la sécurité, le poids des pages et l’accessibilité. Ce sont nos standards, et un agent n’a aucune raison d’y échapper.

J’ai aussi laissé tomber une méthode qui organise des équipes entières d’agents, chacun avec son rôle et ses étapes. Elle structure très bien un projet, mais elle va si loin dans le processus qu’elle en devient chronophage. Ce qui marche, on l’avait déjà : depuis des années, on découpe le travail en tâches et on garde l’historique de nos projets. Depuis que les agents s’appuient sur cette organisation, j’ai beaucoup moins à les recadrer.

Deux associés, une mémoire commune

Sylvain. Cette organisation, il fallait qu’elle tienne à deux, et à distance. C’est notre plus gros défi : ce que l’un apprend doit servir à l’autre. Alors on a construit un cerveau central, une mémoire commune de nos projets que nos agents consultent comme nous.

Ce que je ne délègue jamais, en revanche : décider, valider ce qui sort, relire le résultat, et la relation avec nos clients.

Pierre. C’est aussi ma liste, mot pour mot.

Sylvain. C’est pour ça qu’on est associés : sur ce qui ne se délègue pas, on n’a jamais eu à négocier. L’IA accélère notre travail au service de nos clients. Elle s’appuie sur des méthodes que nous avions déjà éprouvées, et elle nous rend plus réactifs. Elle ne remplace en rien notre expertise : nous sommes agence web depuis 2004, et sur WordPress depuis 2012.

Les chiffres, sans les gonfler

Les modifications de code sont comptées dans les dépôts sur lesquels travaille Pierre : 17 en janvier 2026, 95 en février, 1 252 en septembre, plus de 4 500 du 1er au 26 octobre. Elles mesurent un rythme. Un agent fait des modifications plus petites et plus nombreuses qu’un développeur, et le chiffre ne dit rien de leur valeur.

Pierre chronomètre aussi son temps sur chaque ticket depuis la mi-septembre. Sur 34 tickets de support client, la moitié lui a pris moins de 11 minutes, et certains plus de trois heures. C’est son temps à lui : celui des agents s’y ajoute. Et rien ne dit combien la même réponse aurait pris l’an dernier. Nous continuons à mesurer.

Les durées que donne Sylvain, pour la comptabilité, les appels d’offres et le support, sont celles qu’il constate au quotidien. Elles n’ont pas été chronométrées.

Ce que nos clients y gagnent

Un dossier prêt plus tôt. Pour une partie des tickets, l’analyse et une proposition de réponse attendent déjà quand nous les ouvrons.

Davantage de relecture. Les modifications qui comptent passent par des tests et par une relecture croisée : d’autres modèles, d’autres fournisseurs, qui cherchent à prendre le travail en défaut. Puis la nôtre.

Des services nouveaux. Nous proposons maintenant d’automatiser des tâches répétitives, ou d’installer sur un site un assistant qui répond à partir de ses propres contenus.

Et pour votre entreprise ?

Nous accompagnons aussi nos clients dans leur propre passage à l’IA, avec la même règle : un humain valide ce qui sort. La page WordPress et IA présente l’assistant qui répond à partir de vos contenus, et la page Automatisation métier présente les tâches que nous automatisons.